Pour savoir ce qui va faire la différence lors de la demi-finale de HCup entre le Munster et le Leinster, cliquez sur la vidéo : [vimeo]http://www.vimeo.com/4414727[/vimeo]
Pour savoir ce qui va faire la différence lors de la demi-finale de HCup entre le Munster et le Leinster, cliquez sur la vidéo : [vimeo]http://www.vimeo.com/4414727[/vimeo]
chronique du lundi 27 avril 2009.
L’opposition entre Perpignan et Clermont pourrait être, qui sait, celle qui décidera du nouveau champion de France, le 6 juin prochain. Du coup, il est intéressant de tirer les enseignements de ce match qui donne des indications certaines sur le potentiel de ces deux équipes.
Clermont remporte le match des physiques !
Clermont a impressionné les observateurs par la solidité de son pack en plus de sa capacité à développer un jeu ouvert et dynamique. Avec les retours de Scelzo et Zirakaschvili en pilier droit, celui de Cudmore placé en troisième ligne aile, l’utilisation de Vermeulen comme impact player, les bons matchs de Emmanuelli, Jacquet et Cabello, les avants Clermontois ont pris le dessus sur leur adversaire Catalan qui, à ce niveau-là, justement, sont en plein doutes. La mêlée de la 48ième minute près de l’en-but Auvergnat où, une nouvelle fois, Nicolas Mas a décollé du sol prouve que Clermont possède à nouveau un pack capable de mettre à mal les meilleurs adversaires. C’est ce qu’il a manqué toute cette saison aux jaune et bleu pour être capable non seulement d’avoir des bons lancements de jeu mais aussi d’avoir de l’alternance entre pénétration et contournement. Si les avants Auvergnats sont de nouveau puissants et durs au mal, Clermont redevient, de fait, une équipe redoutable et dangereuse pour la fin de saison.
Côté Perpignan, c’est plutôt la soupe à la grimace au niveau des avants. En étant moyen en mêlée et en touche, les Catalans sont dans le doute sur ce qui était, jusqu’alors, un de leur point fort. Nicolas Mas a, peut-être, besoin de souffler un peu en prévision des demi-finales ??? De plus, la perte de Hines, sélectionné par les Lions Britanniques, est, bien sûr, préjudiciable pour le rendement en touche. Difficile de savoir où est le mal mais, en tout cas, obligation de travailler dur dans la période qui reste avant les demi-finales pour se remettre au niveau qui, il y a encore quelques semaines, faisait que Perpignan était craint pour la force de ses avants. Côté trois-quarts, ce n’est pas non plus totalement parfait. Si le retour de Julien Laharrague fait du bien à la ligne de trois-quarts à un poste d’ouvreur où la perte de Dan Carter fera cruellement défaut jusqu’à la fin de saison, le coup de moins bien de Maxime Mermoz qui a été si brillant, jusque là, vient tempérer tout optimisme. Maxime Mermoz a vraiment été le régulateur de la ligne de trois-quarts, c’est grâce à lui que le jeu Catalan a été si bien équilibré cette saison et que la différence est aussi venu des extérieurs, il est donc essentiel pour l’équipe qu’il soit à son meilleur niveau pour les demi-finales. Un peu de repos cette semaine devrait le relancer pour la dernière ligne droite. Enfin, on peut souhaiter aux Catalans que la perte de Adrien Planté, excellent samedi, soit compensée par l’explosivité de Julien Candelon…
Perpignan remporte le match du mental !
Perdre un match alors que l’on mène 16 à 6 à un quart d’heure de la fin relève presque de la faute professionnelle. Les Auvergnats ont certainement manqué de caractère pour se maintenir hors de portée de leur adversaire. Et quant on connaît le passé de l’équipe, à ce niveau-là, on peut se poser de suite la question de la capacité mentale de cette équipe à être championne de France. A la décharge des Auvergnats, les absences de Pedro Ledesma qui aurait pu tactiquement peser sur le match s’il avait été sur le terrain plus tôt ( rentré après que Perpignan soit repassé devant au score ) et de Napoleoni Nalaga qui, s’il avait été là, aurait peut-être permis à Clermont de ne pas avoir à attendre la 61ème minute pour marquer son premier essai, tellement l’équipe a dominé son adversaire dans la première partie du match. Mais avec des si Clermont serait triple champion de France depuis longtemps et, ce samedi, les faits sont accablants. Un véritable potentiel champion de France ne se laisse pas remonter au score de cette manière et en si peu de temps !
En remportant ce match, les Perpignanais se sont évités une crise de nerf qui aurait été désastreuse à quelques encablures des demi-finales. Les Catalans ont du courage et du caractère mais ça on le savait, rien de nouveau sous le soleil méditerranéen. Ce que je pensais de cette équipe jusque-là, c’est un peu envolé en l’espace de 2 matchs. Pendant plusieurs mois, les Catalans ont prouvé qu’ils avaient passé un cap. Que Dan Carter avait amené un plus psychologique et que l’équipe s’était mis dans le sens de la marche, s’achetant un moral de vainqueur et se donnant les moyens de prendre le dessus sur leurs adversaires. Un point était significatif a ce sujet. La capacité des Catalans à ne plus se faire pénaliser fréquemment et donc à ne plus donner à leur adversaires les armes pour les battre. Or, depuis 2 matchs au moins, ce mal endémique est de retour. Autant à Biarritz que contre Clermont, les Catalans se sont fait souvent punir, ce qui a deux conséquences. La première de remettre leur adversaire dans le match en leur offrant généralement quelques points au passage et la deuxième de casser les enchaînements Catalans en redonnant trop souvent le ballon à l’adversaire. Les deux conséquences combinées font que Perpignan ne peut espérer gagner sa demi-finale en l’état. Ils se doivent à tout prix de corriger le tir pour ne pas, comme dans le passé, se pénaliser eux-mêmes.
Et si le grand vainqueur de ce match, c’était Toulouse ?
Au vue des faiblesses côté Catalan et Auvergnat, on peut se dire que finalement, les Toulousains en voyant ce match se sont sentis plutôt rassurés, voyant des faiblesses dans la cuirace de chacune de ces deux équipes. C’est vrai que ma déception première par rapport à ce match est que, en l’état actuel des forces en présence, Auvergnats et Catalans, même s’ils représentent un potentiel intéressant, présentent de trop grandes faiblesses pour se hisser au niveau d’équipes comme Toulouse et même pourquoi pas Paris au moment de tuer le match et de faire la différence quand le moindre détail compte. J’espère me tromper mais j’ai l’impression que ces deux outsiders ont intéret à mettre les bouchées doubles dans les queslques semaines qui restent avant les demi-finales. Côté Perpignan, travailler les bases que sont la conquête et la défense en étant très concentré pour ne pas commettre de fautes et côté Clermont, responsabiliser les cadres de l’équipe que sont Ledesma, Vermeulen, Audebert, Mignoni et Rougerie pour prendre en main les destinées de cette équipe et lui faire passer un cap psychologique…
24ième journée du Top14
Pour connaitre les enjeux de Perpignan -Clermont, ce week-end, cliquez sur la vidéo : [vimeo]http://www.vimeo.com/4296326[/vimeo]
Chronique du 20 avril 2009
Après avoir regardé les matchs de Top14 de ce week-end, il y a de quoi se poser des questions. Perpignan, si conquérant il y a encore quelques semaines est retombé dans ses habituels travers. Toulouse, dont le jeu de ligne a grincé contre Cardiff, manque de répondant et Paris marche, pour le moment, à côté de ses pompes. C’est la faute au calendrier !
Le Tournoi, une catastrophe pour le Top14 :
Si les meilleures équipes balbutient leur rugby actuellement, elles le doivent à la coupure si néfaste du Tournoi des VI Nations. Ca a toujours été vrai mais, maintenant que le jeu d’attaque est obligé d’être d’une précision chirurgicale et d’une très grande vitesse d’intervention pour battre les défenses, les équipes ont besoin que les automatismes entre les joueurs soient à leur optimum. Et, à ce niveau-là, la coupure du Tournoi, 7 semaines où les clubs sont trimbalés de semaines vides en journée de Top14 calées entre 2 matchs internationaux, est catastrophique. Sur le plan technique, les équipes majeures comme Toulouse, Paris, Perpignan ne peuvent pas travailler car leurs joueurs sont avec leurs équipes nationales. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que seul, Clermont propose actuellement un rugby de haut vol car les Auvergnats ont eu très peu de joueurs sélectionnés cette année ( Domingo, Baby, Malzieu, Canale, Lapandry et Bonnaire sur la fin du Tournoi ), et ont pu travailler, pendant cette période, tous les enchaînements techniques que l’on retrouve si performants actuellement. Physiquement aussi, cette coupure est compliquée à organiser. Entre des internationaux qui reviennent épuisé et des joueurs de club qu’il faut occuper à un moment où refaire du foncier risque de leur faire perdre de l’explosivité et travailler uniquement sur l’explosivité n’est pas nécessairement idéal alors que les demi-finales sont encore loin, la coupure du Tournoi est une véritable plaie pour les entraîneurs de Top14.
Quand je vois Perpignan à Biarritz, j’ai l’impression de retrouver le jeu des Catalans en début de saison alors que leur montée en puissance, depuis, était intéressante. Les Catalans refont de trop nombreuses fautes qui offrent des points à leur adversaire, les trois-quarts ont bien des intentions de jeu par mais celles-ci restent des intentions là où il y a quelques semaines, elles se transformaient en occasions d’essai. Pareil en pire pour Paris. Et que dire des attaques Toulousaines contre Cardiff. Il manquait le zeste d’automatisme et de prise de risque dans les transmissions qui fait la force des Toulousains. Si ce quart de finale se rejouait dans 3 semaines, ce n’est certainement pas un score de 9 à 6 qui viendrait le conclure.
On a beau jeu de critiquer le Top14 et son niveau supposé insuffisant mais à y regarder de plus près, le Top14 version 2008-2009 est certainement le plus intéressant depuis la création de ce format. L’incertitude plane à tous les niveaux. Même Mont de Marsan, dernier au classement, n’est pas mathématiquement relégué alors qu’il ne reste que 3 journées. Pour la qualification en HCup, 4 équipes : Brive, Biarritz, Bayonne et Bourgoin sont en course pour 2 places. Et pour le titre, même si l’on connait les 4 qualifiés pour les demis, le niveau des équipes n’a jamais semblé aussi proche. Alors que demande le peuple ? Oh, juste un peu de respect pour cette compétition avec un calendrier digne de ce nom qui permette de la mettre en valeur !
Et si on supprimait le Tournoi des VI nations ?
Je vous entends déjà crier au fou ! Bien sûr que ce qui est la compétition la plus représentative du rugby en Europe et la principale source de financement des 6 nations Européennes ne risque pas de disparaître. Pourtant il faudra bien faire quelque chose, un jour, pour améliorer les calendriers et surtout restructurer, au niveau international, les compétitions entre Tournées qui ne veulent plus rien dire et Tournoi qui devient de plus en plus un anachronisme.
Et oui, il faut bien se rendre à la raison. Le Tournoi n’a rien d’une compétition dans le sens marketing de la chose. Quant vous jouez la finale de la compétition lors de la première journée, sans le savoir, que vous jouez chez certains adversaires et pas chez d’autres et que, en plus, les joueurs sont ballottés d’un match de club à un match international, il est difficile de parler d’optimisation. Je sais ce que vous allez dire : la tradition, le pittoresque de stades comme Edimbourg ou Dublin, le samedi soir à Cardiff,… tous ces trucs là qui font que, au début de l’année, le rugby est si populaire. Attention ! si le rugby est devenu populaire grâce au Tournoi c’est pour une unique raison : le fait de jouer en janvier alors qu’il n’y avait aucune concurrence de la part des autres sport et que, vu le temps humide et froid, une grande partie de l’Europe restait devant sa télévision. Mais, aujourd’hui, où le rugby a gagné une notoriété certaine auprès du grand public des pays, il n’est plus besoin de programmer une compétition là où les autres sports ne sont pas présents pour exister. Il suffit de proposer des compétitions comme Coupe du Monde, Coupe d’Europe qui parlent à tout le monde.
Le Tournoi, plus que toute autre chose, pose un problème car il coupe véritablement la saison en 2 blocks distincts qui obligent les clubs à repartir presque de zéro en termes de jeu et de performance. Le Top14 souffre de cette coupure comme d’ailleurs de celles de la Coupe d’Europe qui a des exigences différentes, notamment si l’on joue en Hcup ou en Bouclier Européen. Ainsi, avant de se poser la question de savoir comment améliorer l’organisation du rugby mondial, il faudrait déjà améliorer celle du rugby européen.
Un calendrier qui respecte mieux les compétitions :
Il est indispensable pour le rugby mondial mais surtout européen de revoir son calendrier et ses compétitions. L’enchevêtrement entre championnat national, Coupe d’Europe et matchs internationaux est, peut-être, inévitable mais il est actuellement désastreux dans sa forme. Prenons l’exemple de la Coupe d’Europe où l’idée est d’avoir 2 matchs en octobre, 2 matchs en décembre, 2 matchs en janvier puis des 1/4 en avril, des 1/2 un mois plus tard, début mai, et la finale, presque un mois plus tard, fin mai. Comment passionner avec un tel découpage ? On a 4 clubs par poule, ce qui veut dire qu’il y a 3 matchs aller et 3 matchs retour. Pourquoi ne pas découper la compétition selon cette logique ? La visibilité et la compréhension n’en serait que meilleurs. Pourquoi aussi, étaler la compétition sur une période si longue alors qu’il n’y a que 9 journées de concernés ? Si les matchs aller étaient en décembre, les matchs retour fin janvier, début février, l’intérêt du public et des médias serait plus facilement focalisé sur cette compétition comme il le serait aussi sur le Top14 car cette compétition serait omniprésente sur le début de la saison avec une dizaine de journées qui s’enchaîneraient entre septembre et octobre ( plus, si le Top14 démarre en août ). Bien sûr, ce changement passe obligatoirement par un resserrement du Tournoi sur 5 semaines, ce qui parait, quand même, évident maintenant que les joueurs sont pros et que les équipes nationales peuvent fonctionner avec 30 joueurs pendant cette période. Ensuite, la fin de la saison est beaucoup plus facile à organiser en partant du principe que la Coupe d’Europe revient fin avril afin, là aussi, de resserer à 15 jours l’écart entre 1/4 et demi et à 3 semaines entre demi et finale. La compétition y gagnera en intérêt et en crédibilité quand on voit, par exemple, que Toulouse a été éliminé sans jouer son meilleur rugby, tout ça parce que les 1/4 étaient trop près de la fin du Tournoi…
Par rapport à mon idée de départ qui est que le Tournoi pollue le Top14, l’avancée peut ne pas paraitre significative. C’est vrai que les matchs de championnat qui viendront juste après le Tournoi seront de moins bonne qualité mais ce calendrier aura quand même l’avantage de bien limiter les dégâts en diminuant le nombre de matchs « sacrifiés » à son strict minimum, ce qui est pour le rugby actuel une ENORME avancée ! Alors, y’a plus qu’à…
Pour savoir ce qui peut faire basculer le match entre Basques et Catalans, cliquez sur la vidéo :[vimeo]http://www.vimeo.com/4184971[/vimeo]
Chronique du 13 avril 2009
La défaite de Toulouse, ce week-end, fait mal. Non seulement, le rugby français n’est plus représenté en Coupe d’Europe, mais en plus la prestation Toulousaine, malgré la bonne volonté des joueurs, n’était pas celle que l’on peut attendre de ce qui est censé être la meilleure équipe française. Le rugby français va mal mais personne dans ses instances dirigeantes ne semble s’en soucier. Pour le moment, on continue à profiter de l’afflux d’argent faisant suite à l’engouement post-Coupe du Monde. Mais attention, le réveil va être douloureux.
Pas près de gagner la coupe d’Europe à nouveau :
Toulouse avait, l’an dernier, réussi l’exploit de ne perdre en finale que par 3 points d’écart face à une équipe du Munster qui avait pour seul objectif cette compétition, là où les Toulousains courraient 2 lièvres à la fois. Cette année, c’est en quart de finale que les Toulousains s’inclinent face à des Gallois de Cardiff mieux organisés et plus structurés tout au long du match. Il faut dire. Pendant les 3 semaines qui ont suivi la fin du Tournoi, les Gallois ont pu se consacrer totalement à la préparation de ce match, faisant fi de la Ligue Celtique alors que les Toulousains, eux, devaient expédier les affaires courantes en mettant l’équipe type du moment pour affronter Paris avant de faire tourner l’effectif pour aller à Brive. Autant les Gallois pouvaient consacrer leurs entraînements à la préparation du quart de finale pendant 3 semaines, autant les français n’y ont consacré qu’une courte semaine.
La différence de préparation s’explique par le fait que Cardiff est certain de disputer la HCup l’année prochaine quel que soit son classement final en Ligue Celtique.Du coup cette compétition n’a d’autre but que de servir de base de préparation de l’équipe. C’est obligatoirement plus confortable même si, pour être honnête, il faut reconnaître que Guy Novès aurait pu faire l’impasse sur le championnat en faisant reposer beaucoup de ses internationaux avant la venue de Paris de manière à, ensuite, préparer le match de Cardiff pendant les 2 semaines suivantes, ce qui aurait certainement donné une meilleure cohésion à l’équipe Toulousaine ce week-end. Mais l’entraîneur français se devaient de répondre à 2 impératifs : faire bonne figure au Stadium de Toulouse devant 30 000 spectateurs, ce qui est en quelque sorte un objectif financier, et assurer la qualification pour la HCup la saison prochaine, ce qui de toute façon n’aurait pas été remis en cause par une défaite contre Paris. De ce côté-là, il y a quand même une autocritique à faire. Peut-être qu’en ayant pris le risque de faire une demi-impasse sur le match contre Paris, les Toulousains auraient pu être mieux préparé en termes de cohésion et d’organisation et, du coup, auraient mieux fini leur action. Peut-être…
Des changements structurels pour se rendre plus compétitifs :
Ce qui est sûr, c’est que les Celtes se sont organisés depuis un certain nombre de saisons pour faire de la Coupe d’Europe leur objectif principal de la saison après, bien sûr, l’équipe nationale. Et cette stratégie est maintenant en train de payer. Que, nous, navigant à vue dans une politique où l’intérêt collectif ne peut être que l’agrégation des intérêts de chacun, nous continuons à prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’intérêt supérieur du rugby français. Ajouter un match de barrage pour renforcer l’intérêt du top14 me parait bien à une condition. Cette condition, c’est l’obligation de passer à 12 clubs au lieu de 14. En effet, même si j’étais contre une réduction de l’élite dans le but d’aider au développement du rugby sur l’ensemble du territoire, il faut bien reconnaître que le rugby français perd de sa compétitivité au niveau international et qu’il faut réagir.
Pierre-Yves Revol essaye de nous faire croire qu’aucun joueur français ne joue trop. J’aimerais bien voir ses chiffres car ils auront du mal à me faire croire qu’un Yannick Jauzion, par exemple, sur-utilisé par Guy Novès à longueur de saisons comme, d’ailleurs, Heymans, Dusautoir,…, ne manque pas de fraîcheur physique depuis un certain temps déjà. La seule manière de réduire le nombre de matchs dans la saison, c’est de réduire le nombre d’équipe. Ce qui permettra logiquement de gagner 2 semaines dans la préparation d’avant-saison, période importante qui est de plus en plus réduite en France ( démarrage de la saison prochaine prévue le 15 août !!! ), ce qui explique nos très mauvais résultats lors des premiers matchs de Coupe d’Europe cette saison.
L’autre changement important que les Français doivent imposer, concerne les dates de la Coupe d’Europe. Il y a déjà une évidence, c’est que le découpage à coup de 2 matchs est une aberration totale en terme d’intérêt sportif et comme, en plus, les clubs français ont toujours un temps d’adaptation à chaque changement de compétition, il serait du coup mieux d’enchaîner les matchs. Les français doivent demander à jouer sur 3 matchs avec une première partie qui concerne les matchs aller et une deuxième partie les matchs retour. Ainsi la mise en scène de cette compétition serait meilleure et les clubs français qui ont toujours du mal à passer du Top14 à la HCup devraient obtenir de meilleurs résultats. Même si le calendrier est un casse-tête en l’état, il doit être possible de trouver une première fenêtre en octobre et une deuxième à cheval sur janvier et février ( en retardant le début du Tournoi d’une semaine ). Ensuite les phases finales ne doivent pas se dérouler aussi prêt du Tournoi. Si les quarts de finale avaient eu lieu fin avril, je suis certain que Toulouse aurait montré collectivement un autre visage. Des quarts fin avril permettrait aussi de regrouper les échéances et d’enchaîner les demi 15 jours plus tard, ce qui permettrait à un club français qualifié de faire l’impasse sur un seul match de championnat ( ça parait envisageable même pour Guy Novès ). Un tel calendrier, en plus d’être plus cohérent, offrirait de meilleures perspectives pour les clubs français.
Loin des 5 premières nations mondiales pour longtemps :
Je ne vais pas reprendre une chronique précédente mais en étant dominé par les équipes Irlandaises et même Galloises en HCup, en plus de l’être de plus en plus régulièrement au niveau des équipes nationales, la France ne peut plus prétendre à rentrer dans le Top5 des meilleures nations mondiales avant longtemps. Si les tournées de juin et novembre se passent comme on peut le craindre, c’est à dire avec, au mieux, une victoire cet automne contre, soit l’Afrique du Sud, soit la Nouvelle Zélande, et que le Tournoi prochain dont le calendrier nous est favorable, se passe correctement, la France reviendra à la 6ième place mondiale du classement IRB et tout le monde parlera de renouveau du rugby français. Sauf que le 6ième est encore loin du premier et qu’à la prochaine Coupe du Monde nous visons plutôt la deuxième place de poule que la première. Autant dire que nous sommes devenu une nation de second rang qui, en plus de ne jamais avoir gagné la Coupe du Monde, ne peut même plus prétendre le faire avant la compétition. Ou alors au risque de faire rire tout le monde.
Le grand mérite de l’Irlande et du Pays de Galles est d’avoir eu une stratégie et de l’avoir appliquée dans une structure où les moyens étaient limité. Par rapport à ces pays, nous avons des moyens humains et matériels supérieurs. Ne nous y trompons pas. Le rugby français est celui qui a un des meilleurs réservoirs dans le monde en termes de joueurs. Heureusement, car sinon où serions nous maintenant ? En tout cas, une chose est sûre. Les rugby Irlandais et Gallois bénéficient aujourd’hui de la mise en place d’une stratégie et de son application pendant presque 10 ans. A nous de régir rapidement si nous ne voulons pas que les 10 prochaines années ne rassemblent à cette annus horribili que nous sommes en train de vivre ! Et ceci ne veut surtout pas dire qu’il faut les copier ou se focaliser sur un système de province inadapté aux caractéristiques françaises. Il est juste urgent de repenser l’ensemble du rugby français pour que, à la fois, sa base serve à son développement et que son élite soit à un niveau de performance correspondant enfin à ses capacités…
Pour savoir si Toulouse peut battre Cardiff ce samedi en quart de finale de Coupe d’Europe, cliquez sur la vidéo :[vimeo]http://www.vimeo.com/4088214[/vimeo]
Chronique du 7 avril 2009
Je sais, toute la presse s’est jetée sur les Parisiens comme la misère sur le bas clergé analysant, à la suite de cette nouvelle défaite au Stade de France, tous les maux et soubresauts que les Parisiens ont subi depuis le début de la saison comme les raisons actuelles de leur contre-performance. Mais si tout cela n’était que de l’histoire ancienne et si le match contre Clermont était, en fait, le début du réveil Parisien ?
Des problèmes structurels toujours présents :
Il n’y a que le président Guazzini pour croire que le Stade Français peut continuer à fonctionner en l’état avec des structures dignes d’un club de série régionale et une gestion du recrutement qui se fait plus à la tête du client que dans une vraie stratégie ( j’exagère car je dois reconnaître que Max Guazzini est un bon dénicheur de talent mais il manque d’équilibre dans la construction de l’effectif ). Du coup, l’effectif Parisien est bancal dès qu’un cadre se blesse, exemple de Papé en 2ième ligne, et, sans victoire, la vie au quotidien des joueurs Parisiens baladé d’un site d’entraînement à un autre ne peut être que morose et stressante. Ce n’est, bien sûr, pas nouveau et Paris a déjà été Champion de France dans ces conditions.
Max Guazzini doit enfin comprendre l’importance d’avoir un outil de travail comme un centre d’entraînement tout en un. Que ce soit pour le message d’excellence envoyé à ses joueurs ou, tout simplement, pour la meilleure qualité du travail. Mais ça, c’est pour le futur. En ce qui concerne cette fin de saison, la performance de l’équipe passe par celle des joueurs, évidemment.
Un gros problème dans le staff qui dirige l’équipe :
Ca, c’est le gros point noir de la saison, côté Parisien. Entre un entraîneur général qui, aux dires des joueurs ne va pas très souvent sur le terrain diriger l’entraînement, et des entraîneurs adjoints qui n’adhèrent pas à son discours ( c’est même un euphémisme pour Christophe Dominici qui, apparemment, se verrait bien calife à la place du calife ) il y a depuis longtemps un gros problème à ce niveau-là. Est-ce qu’il peut être résolu avant la fin de la saison ? Pas sûr car cela obligerait Max Guazzini à trancher dans le vif et je ne suis pas certain que le président Parisien le souhaite. Par contre, ce qui est indispensable pour l’équipe si elle veut redevenir performante c’est que les joueurs prennent le pouvoir. Ainsi, ils éloigneraient l’impression négative dégagée par les dissonances de l’encadrement et même, d ‘une certaine manière, ils mettraient ceux-ci d’accord même si c’est contre leurs grès.
Le retour d’Augustin Pichot peut être, à ce niveau-là, décisif. Le joueur Argentin n’est de toute façon pas du style à se soumettre et, s’il a bien analysé la situation et les divergences de l’encadrement, il provoquera une réaction des joueurs qui parait être la seule solution pour recréer un équilibre sain face à un trio où Fabrice Landreaud a certainement inconsciemment un peu la tête ailleurs, où Christophe Dominici a peut-être un peu trop la tête sur son plan de carrière et Ewen Mc Kenzie un peu trop la tête et la méthode sur ce qu’il a faisait en Australie…
Un raté dans la préparation physique bientôt effacé :
Pour avoir connu la même situation lorsque je jouais aux Harlequins, je pense que le principal problème du Stade Français cette saison, c’est la préparation physique ratée. En ayant adopté le modèle Australien axé uniquement sur la vitesse et l’explosivité les Parisiens n’ont pas travaillé sur l’endurance qui est une composante essentielle de la préparation, surtout en France où la saison est interminable. Résultat, après un début de saison réussi car l’équipe fut tout de suite performante grâce à sa puissance et son explosivité, justement, elle a ensuite marqué le pas, essentiellement parce qu’elle manquait d’endurance et n’était plus capable d’enchaîner les matchs et de changer de rythme à l’intérieur de ceux-ci. Ce qui explique les difficultés du Stade Français au coeur de l’hiver.
Par contre, bonne nouvelle pour les Parisiens, lors de ma saison aux Harlequins, il y avait eu un mieux sur la fin de saison. Le fait d’avoir accumulé des matchs permet, bien sûr, aux joueurs de se remettre à niveau en ce qui concerne l’endurance et le fait que les autres équipes, celles qui, en plus d’avoir beaucoup joué, ont aussi beaucoup travaillé à ce niveau-là, sont, sur cette dernière partie de la saison, dans une phase de gestion de la fatigue , ce qui peut les rendre un peu moins performantes physiquement que sur la période entre octobre et mars. Du coup, les Parisiens devraient pouvoir finir la saison en boulet de canon physiquement et c’est d’ailleurs, surprise, surprise, ce que j’ai eu l’impression de voir samedi dernier, au moins sur l’ensemble de la première mi-temps et même une partie de la seconde.
Une organisation défensive de fer :
Attention à ne pas enterrer Paris trop vite car ce que j’ai vu samedi en termes d’engagement physique et surtout d’organisation défensive m’a plu. J’ai eu l’impression, pendant une grande partie du match, de retrouver le Paris conquérant d’il n’y a pas si longtemps, capable de faire plier ses adversaires par la puissance de ses joueurs et l’organisation sans faille de sa défense. Il ne faut pas s’y tromper, malgré sa domination et sa volonté de prendre le jeu à son compte, Clermont ne marque son 1er essai qu’à la 43ième minute après une touche jouée rapidement qui permet à Malzieu de profiter justement du fait que la défense n’ait pas eu le temps de se replacer.
Ce qui a vraiment handicapé Paris sur ce match, c’est le nombre de ballon rendu à l’adversaire en touche et le nombre des fautes commises. Même si votre équipe possède la meilleure défense du monde, vous ne pouvez pas faire que défendre dans un match. Pour dominer Clermont, les joueurs du Stade Français auraient eu besoin de quelques ballons de plus, ceux perdus en touche, et, surtout, de ne pas permettre à leurs adversaire de souffler grâce à leurs fautes trop fréquentes ( sans même parler de celles qui ont offert des points à Clermont ).
Quant on voit la petite différence au final et que l’on met en colonne Débit tout le déchet engendré par la touche et les pénalités, il y a de quoi reprendre espoir côté Stade Français. L’effectif composant l’équipe est suffisamment expérimenté pour être capable de corriger le tir quasi-immédiatement au niveau de la discipline s’il le désire vraiment ( d’où l’importance aussi pour les joueurs de se prendre en main ). De plus, si l’équipe commence à aller mieux physiquement et si la victoire revient, les fautes disparaîtront naturellement grâce à la confiance retrouvée des joueurs dans leur organisation. Pour la touche, il y a, bien sûr, obligation à multiplier les séances de travail mais avec le retour de Papé en plus des Rabadan, Leguizamon, Marchois et Auradou, l’effectif Parisien a de quoi être performant et Dimitri Szarzewski n’est pas devenu un mauvais lanceur en l’espace de quelques semaines. Pour la mêlée, avec Sylvain Marconnet à droite dès le début du match, il n’y a pas de soucis particulier à avoir.
Une organisation offensive à parfaire :
Autant j’étais critique sur la capacité d’attaque des Parisiens ces derniers temps, autant j’ai vu du mieux de ce côté là ce week-end. Augustin Pichot a été capable, à ma surprise, d’amener une accélération au niveau de la transmission et a surtout fait de bon choix dans l’animation offensive. Sur 50 minutes par match, il peut énormément apporter à ce niveau-là. Ensuite, le repositionnement de Gasnier à l’aile et le choix d’une paire de centre Messina – Bastareaud, même si tout n’est pas parfait, loin de là, s’est révélé plutôt judicieux.
Il est évident que le retour de Juan-Martin Hernandez, qui plus est, reposé, sera un plus pour l’équipe. Sa position posera, bien sûr, débat. Comme il serait dommage de se priver d’un Beauxis bon animateur de la sa ligne de trois-quart, le prodige Argentin pourrait finir la saison à l’arrière, poste où il sera encore plus libre pour amener sa créativité et sa vitesse à une équipe qui en manque un peu cette saison sur les extérieurs. Ainsi aussi, les défenses adverses sera moins polarisées sur les zones proches des points de rencontre et auront tendance à mieux s’étaler sur la largeur, ce qui offrira des opportunités à une 3ième ligne Parisienne trop surveillée actuellement pour peser sur les matchs et faire la différence.
L’obligation d’un esprit commando :
Les Parisiens ont 4 matchs pour retrouver une dynamique de la victoire avant leur demi-finale et se forger un esprit de corps pour réussir une bonne fin de saison. Il est indispensable qu’une équipe type se dégage, plus exactement un groupe de 22 où deux ou trois permutation sont possibles selon les adversaires, et que celle-ci se construise une histoire en enchainant 4 victoires avant les demi-finales. Montpellier à Jean Bouin, déplacement à Castres, réception de Biarritz et déplacement à Bayonne, d’une certaine manière c’est le calendrier idéal pour préparer les demi-finales. Aux joueurs Parisiens d’inverser maintenant le cours des choses en prenant le pouvoir aussi bien dans le vestiaire que sur le terrain.