Pour savoir pourquoi la France peut l’emporter à Twickenham, cliquez sur la vidéo :
[vimeo]http://www.vimeo.com/3594147[/vimeo]
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Chronique du 9 mars 2009
A 7 journées de la fin, la dernière ligne droite est lancée, particulièrement pour le bas du classement et la 2ième place de relégué. Qui accompagnera Mont de Marsan ? Point sur la situation club par club.
Castres ( 10ième, 33 points ) : La saison des Tarnais semble enfin lancée. Comme les saisons précédentes, les joueurs Castrais ont finalement pris conscience de leur potentiel et se mettent à gagner des matchs. Le match décisif pour l’avenir de l’équipe est la réception de Toulon lors de la 21ième journée mais le plus dur semble avoir été fait lors de la victoire à Dax.
Toulon ( 11ième, 32 points ) : Les Varois rassurent grâce à leur victoire à Bourgoin et une conquête retrouvée ( mêlée conquérante face à Bayonne ! ) et inquiètent à cause de leur match nul à domicile face à Bayonne et surtout par la façon de ne pas jouer de leur ligne de trois-quarts. La composition d’équipe à ce niveau est faite en dépit du bon sens. Sébastien Fauqué est titularisé en 10 lui, dont le positionnement et le jeu, trop classiques, ne correspondent pas vraiemnt avec le potentiel d’une ligne de 3/4 comprenant SB Williams, Jagr, Sinoti, Ai’i. On se dit que c’est pour son rôle de buteur qu’il est là. Et bien non, c’est le Sud Africain Barnard qui, placé à l’arrière, a tenu samedi ce rôle avec le peu de succès que l’on sait. Pour le reste, Toulon a quasiment passé tout le match à taper des grands coups de pieds en l’air, espérant des fautes de main de Bayonne pour s’offrir des occasions de marquer. Manque de pot, les Basques ont été normalement adroit et le jeu Toulonnais s’en est trouvé stérile. Alors que, en tout début de match et surtout à la fin, lorsque l’énergie du désespoir leur a fait comprendre qu’il fallait tenter quelque chose, les 3/4 Toulonnais ont, encore une fois, montré tout leur potentiel. Maintenant que cette équipe a une conquête qui tient la route, ce qui veut dire des bons ballons d’attaque, elle doit se décider à tenter des coups pour surprendre ses adversaires. Elle en a les moyens et surtout elle ne se sauvera que comme cela, vu qu’elle n’a pas de buteur ! Match décisif, la réception de Montauban lors de la 22ième journée ou sinon en tout dernier recours le déplacement à Dax lors de l’avant dernière journée mais ce serait risqué.
Bourgoin ( 12ième, 30 points ) : Les Berjalliens cherchent à pratiquer un bon rugby et n’hésitent pas à ouvrir le jeu comme à Paris ce week-end. Résultat, ils en ont pris 50 et se trompent complètement de méthode. Quant on est en difficulté, et surtout que l’on joue sa tête, il faut commencer par être humble et se consacrer à bien faire les choses simples et les passages obligés de se sport que sont la conquête, la défense, l’occupation du terrain plutôt que de chercher à mal faire les choses compliquées comme le jeu de ligne. Les Berjalliens doivent, à tout prix, se focaliser sur les fondamentaux s’ils veulent se sauver. L’équipe possède un bon buteur, Benjamin Boyet, son objectif doit donc être de passer le maximum de temps dans le camp adverse, histoire de lui donner le plus d’occasions possible de marquer des points que ce soit en drops ou en pénalités. Et cela, encore une fois, se construit avec une bonne conquête, une bonne défense et une excellente occupation du terrain par du jeu au pied, pas en tentant des relances depuis ses 22 mètres alors que les joueurs ne sont pas en confiance. A se tromper de combat, les Berjalliens se mettent dans la difficulté tout seul ! Leur calendrier est heureusement plutôt favorable avec 4 matchs à domicile sur 7 mais attention, l’accident contre Toulon peut se reproduire. Leur match décisif est la double réception des 21 et 22ième journées : d’abord Montpellier et ensuite et surtout Dax. Gagner le deuxième match suffirait logiquement à condamner les Dacquois mais pour cela, il vaudra mieux emmagasiner un minimum de confiance en battant Montpellier le match juste avant…
Dax ( 13ième, 27 points ) : La défaite de ce week-end semble condamner les Landais. Les 3 petits points qui les séparent de Bourgoin semblent un fossé difficile à combler même s’il reste une trentaine de points à distribuer. Surtout, le problème psychologique qui semble s’être abattu sur les joueurs de Dax parait compliqué à résoudre en si peu de temps. Capable d’une bonne entame de match, de faire un mini-break en menant 12 à 0, les Landais sont devenus friables et s’écroulent dès que les Brivistes accélèrent, ce qui ne serait sûrement pas arrivé en début de saison. Thomas Lièvremont parait être un excellent entraîneur mais il ne dispose pas de beaucoup de temps pour réussir le miracle. De toute façon, la solution au sauvetage Landais est simple : il faut aller gagner à Bourgoin lors de la 22ième journée car les réceptions successives de Mont de Marsan et Toulon arrivent, à mon avis, trop tard pour sauver les Dacquois…
DIAGNOSTIC : Castres parait maintenant sauvé et la partie à 3 entre Dax, Bourgoin et Toulon peut encore nous révéler bien des surprises. Le match Bourgoin- Dax du 4 avril aura une incidence certaine sur la fin de championnat car le perdant sera très mal parti pour se maintenir. Toulon n’est pas sauvé pour autant. Les Varois doivent très vite gagner un match à domicile et se constituer un matelas de points confortable s’ils ne veulent pas aller jouer leur survie à Dax lors de l’avant dernière journée ! En tout cas, vu le nombre de surprise que l’on a eu depuis le début, on peut s’attendre à quelques folies entre ces équipes d’ici le 16 mai, date de la dernière journée.
Mon favori pour la descente : Dax
Au cas où tout se jouerait lors des matchs de la dernière journée : Clermont – Dax / Toulon – Montpellier / Bourgoin- Brive / Castres – Perpignan Là aussi, Dax semble l’équipe la plus en difficulté pour marquer des points au classement.
Si vous voulez savoir pourquoi Toulon – Bayonne est le match le plus intéressant de la 19ième journée de Top14, cliquez sur la vidéo :
[vimeo]http://www.vimeo.com/3498311[/vimeo]
Chronique du 2 mars 2009.
En se passant de Traille, Ellisalde, Skréla, Bonnaire, Thion l’encadrement du quinze de France avait pris un risque important, prétextant d’un objectif Coupe du Monde 2011 pour lancer une nouvelle génération de joueurs avec Millo-Chluski, Ouedraogo, Picamoles, Parra, Tillous-Bordes, Beauxis, Trinh Duc, Bastareaud, Médard. Risque qui s’est révélé payant contre le Pays de Galles ce week-end. Mais peut-on en faire une stratégie toujours gagnante ?
Un jeune n’a pas de limite !
La grande force d’un jeune joueur par rapport à ses aînés, c’est qu’il n’a pas de limite et ne se pose pas de questions. Il va systématiquement jouer sur ses points forts sans douter du contexte, là où un trentenaire sera plus dépendant des conditions de jeu et de la pression. Serge Blanco pour sa première sélection en 1980 s’était retrouvé à jouer dans une équipe de France archi dominée par son adversaire Sud-Africain mais, malgré cela, avait réussi à montrer des bribes de son talent sans se laisser impressionner par le contexte, se servant de sa jeunesse et de son inexpérience pour jouer comme il savait le faire à Biarritz. Un joueur plus expérimenté aurait sûrement été plus dépendant du contexte et aurait subi la domination adverse à l’image du reste de l’équipe.
L’avènement de Morgan Parra et de Matthieu Bastareaud contre le Pays de Galles ce week-end est dans la lignée d’une telle règle. Peu importe le fait que ces joueurs ne soient pas encore à maturité, que leur bagage technique présente quelques lacunes, le talent physique naturel et l’envie de déplacer des montagnes ont suffi à rendre ces deux joueurs performant dans un contexte au départ très défavorable. Matthieu Bastareaud se trouvait face à la meilleure paire de centre de la compétition avec seulement un seul entraînement avec Yannick Jauzion, son partenaire pour ce match. Il y avait vraiment de quoi paniquer pour un joueur normal et le risque était alors grand de passer à côté de son match. Pas pour un jeune de 20 ans comme le centre du Stade Français qui se sent fort et est en train de vivre un rêve éveillé en jouant au côté de celui dont il avait le poster dans la chambre quelques années auparavant. Il est entré dans cette rencontre plein de détermination, s’est donné de l’assurance avec ce qu’il sait faire de mieux, le contact physique pour prendre le dessus sur son adversaire, et s’est donné à 200% tout au long du match à tel point qu’il sauve la victoire quant, à 2 minutes de la fin, il reprend James Hook qui allait marquer et récupère même le ballon pour sortir l’équipe de France d’une situation qui aurait pu ruiner tous les espoirs de victoire ! Morgan Parra qui, lui, n’en était pas à sa première sélection, a dû imposer sa loi à un pack français composé de joueurs confirmés dans un contexte qui aurait normalement dû impressionner un joueur un peu plus âgé mais sans plus d’expérience. C’est jeune et ça ne sait pas, mais c’est tant mieux !
L’importance du rôle de Bastareaud se révèle même au regard de la performance de Yannick Jauzion. Le centre Toulousain plutôt en deçà de son niveau ces derniers temps et parti sur le même rythme en début de match a réussi à se transcender en 2ième mi-temps. Je pense sincèrement que la performance de son jeune partenaire l’a émoustillé et obligé à se surpasser.
Ainsi l’apport de sang neuf dans l’équipe est positif à tous les niveaux. Un entraîneur ne peut pas mettre que des jeunes joueurs dans son équipe mais il doit régulièrement donner leur chance aux meilleurs espoirs, histoire de créer de l’émulation à l’intérieur du groupe et de chercher à en améliorer la performance. Marc Liévremont et ses acolytes l’ont très bien fait cette fois en équipe de France mais la pratique vaut aussi, bien sûr, au niveau des clubs. Toulouse a toujours eu la volonté de lancer les jeunes joueurs dans le grand bain dès que ceux-ci montraient leur capacité à réussir et, par exemple, Toulon est devenu champion de France en 1992 en s’appuyant sur un groupe de jeunes, les Delaigue, De Rougemont, Dasalmartini, Loppy et consorts alors que la plupart de ses grands anciens venaient de partir à la retraite après avoir échoué dans cette quête.
Bâtir uniquement sur les jeunes ne suffit pas comme stratégie !
Si un apport de sang jeune peu booster une équipe, à contrario bâtir uniquement sur une politique à coups de jeune n’est pas un bon choix à long terme. Le coup réussi contre le Pays de Galles est, bien sûr, magnifique mais ne peut être répété à l’infini. D’abord parce qu’il n’existe pas une infinité de joueurs de la qualité physique et mentale de Bastareaud et Parra, et ensuite, parce qu’une équipe se bâtit à long terme à partir d’une structure de jeu bien définie et d’une épine dorsale qui en est la garante. Bastareaud et Parra peuvent devenir des incontournables de l’équipe mais il faudra pour cela qu’ils confirment leur performance. Et comme les équipes adverses vont apprendre à les connaître et mettre en place des stratégies pour les contrer, il faudra justement que ces deux là haussent leur niveau de jeu.
Plus l’équipe de France se rapprochera de la Coupe du Monde, plus celle-ci aura besoin de certitudes en termes de tactiques de jeu et de joueurs. La victoire contre le Pays de Galles a cela de rassurant que les entraîneurs parlent d’un référent commun propre au haut niveau : la qualité de l’organisation offensive. C’est ce qui a permis à l’équipe de France d’étouffer son adversaire, de le faire déjouer et de finalement le battre. Il faut bien sûr conserver et même perfectionner cet élément tactique. Mais comme la plupart des grandes nations font la même chose, cela ne suffira pas. Il faut aussi les joueurs capables de rendre l’équipe performante non seulement sur un match mais aussi sur l’ensemble d’une compétition comme la Coupe du Monde.
Autant je ne suis pas inquiet pour les joueurs, ayant tendance à penser que l’on a le meilleur réservoir au monde en qualité et en quantité, autant je suis un peu plus inquiet pour être compétitif sur la durée. Comme la France est la nation qui s’entraîne le moins ( à l’exception de l’Argentine ) mais dont les joueurs jouent le plus, il reste toujours aléatoire d’être compétitif face à des équipes qui s’entraînent souvent ensemble et dont les joueurs peuvent se reposer en vue des échéances internationales. Tant que l’on ne se mettra pas un peu plus au niveau de nos adversaires, les entraîneurs ne pourront pas utiliser à plein le potentiel de leurs joueurs. Espérons quand même que le fait que le prochain match contre l’Angleterre soit un dimanche, ce qui offre un jour de préparation et récupération de plus aux joueurs français, permette de répéter la performance de ce week-end. Ce serait formidable…