Archives pour janvier, 2009

Montpellier, plus qu’une crise de croissance.

12 janvier 2009

Chronique du 12 janvier 2009
La situation de Montpellier parait paradoxale. Alors que tout semblait aller pour le mieux du côté de l’Hérault, la machine s’enraye et balbutie son rugby. Tentative d’explication.
Crise de croissance ?                                                                                                                                        Après une progression linéaire depuis 10 ans avec une montée en Top14 acquise en 2003 et un maintien assuré les saisons suivantes malgré des fins de championnat au couteau, le club de Montpellier semblait avoir fait le plus dur. Avec son nouveau stade, magnifique, de jeunes joueur pleins de qualités, et, qui plus est, formés au club, avec, en plus, un recrutement qui monte en puissance, le club semble sur de bonnes bases et vise même une première qualification en HCup dès cette saison . Jusque-là tout va bien. L’annonce est alors faite, en décembre 2008, des ambitions du nouveau président, Philippe Deffins, un titre dans 4 ans, et surtout la signature à nouveau des 4 joueurs phares du club : Picamoles, Trinh-Duc, Ouedraogo et Tomas avec peut-être, cerises sur le gateau, celles de Lionel Nallet et Sébastien Chabal. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que c’est le moment que choisit l’équipe pour se mettre à déjouer complètement et, du coup, à sérieusement handicaper ses chances de qualification européenne.
On peut effectivement parler de crise de croissance pour un club où, d’un coup, tout s’est accéléré. Ainsi la médiatisation pousse de plus en plus l’équipe devant les projecteurs, pour la première fois Canal Plus a choisi 2 fois de suite de diffuser Montpellier en match phare ces 2 derniers week-ends par exemple. Ces meilleurs joueurs sont sollicités par l’équipe de France et surtout par tout ce qui va avec, réceptions et autres négociations de contrat. Les promesses de Coupe d’Europe et autres titres ont de quoi mettre aussi en péril l’équilibre jusque là acquis. 
Pourtant je ne suis pas sûr que le problème soit uniquement de cet ordre.
Un équilibre interne mis à mal.                                                                                                              Depuis au moins 10 ans, la structure sportive et l’encadrement de l’équipe reposent sur les épaules d’un homme, Didier Nourault, qui a, petit à petit, structuré et fait progresser le club pour l’amener au niveau où il se trouve aujourd’hui. Même s’il n’a jamais été tout seul pour le faire, son rôle a été déterminant sur bien des points et notamment dans la mise en place d’une structure de formation forte qui permet aujourd’hui de voir 4 de ces jeunes évoluer au niveau international. Un homme important donc dans la gestation et la structure sportive du club.
En même temps qu’il annonçait sa volonté de gagner des titres, le nouveau président Philippe Deffins modifiait aussi considérablement l’organigramme sportif du club en ramenant Didier Nourault à un rôle de simple entraîneur des avants, poste normalement occupé par Didier Bes, et en confiant le poste de manager sportif à Denis Navizet, un ancien joueur du club. 
Bien sur, on peut parler de mauvais hasard en ce qui concerne la concomitance de ces changements et des mauvais résultats de l’équipe. On peut parler de faute à pas de chance si les performances  des internationaux sont plutôt mitigées en ce moment alors que, jusque-là, ils tiraient l’équipe vers le haut. Mais, de par mon expérience du haut niveau, je ne crois pas beaucoup au hasard et, en général, que ce soit dans un sens ou dans un autre, le phénomène de chance est quelque chose qui se provoque.
C’est quand même bizarre que des joueurs, formés et lancés par quelqu’un qui est sûrement une sorte de mentor pour eux, se mettent à moins bien jouer juste au moment où celui-ci est désavoué par son président. C’est quand même surprenant, d’autre part, qu’un club dont les résultats correspondent pour le moment aux ambitions affichées et où la feuille de route est globalement respectées, désavoue celui qui est le principal responsable de toute la partie sportive.
Bien sur, tout n’était pas parfait depuis le début de la saison. L’effectif très international, les résultats pas toujours constants ainsi que la fragilité de la conquête sont critiquables. Dans un monde parfait, on peut toujours faire mieux.
Attention quand même de ne pas oublier où se trouvait encore Montpellier il y a 2 saisons et à respecter un temps normal de croissance. A vouloir aller trop vite, à se focaliser sur le futur au point d’en oublier le présent, à faire des effets d’annonces plutôt qu’à consolider l’existant, le club Héraultais se met en danger. Car si les noms annoncés, les Chabal et autres Nallet ne viennent finalement pas, si la qualification en H Cup n’est pas au rendez-vous de la fin de saison, le président Philippe Deffins n’aura même plus la pierre angulaire des résultats sportifs de ces derniers années, Didier Nourault, sur laquelle s’appuyer…

Présentation de Castres – Biarritz

9 janvier 2009

Pour savoir qui a le plus de chance de remporter le match de la mort de la 15ième journée de Top14, cliquez sur le lien
[vimeo]http://www.vimeo.com/2769874[/vimeo]

L’équipe Top14 de Bénézech du 5 janvier 2009

5 janvier 2009
A la suite des matchs du Top14 de ce week-end, voici les 15 joueurs dont la performance m’a impressionné. Cette semaine un satisfecit à Mont de Marsan qui hisse 2 joueurs dans la sélection autant que Paris qui a réussi un score sans appel face à Dax ou Bourgoin et Castres auteur des bonnes performances du week-end. Toulouse, néanmoins, reste intouchable avec 3 joueurs !
Equipe de Bénézech du 5 janvier 2009 :
Arrière : Poitrenaud ( Toulouse )
Ailiers : Nalaga ( Clermont ) –  Palisson ( Brive )
Centres : Jauzion ( Toulouse ) - Liebenberg ( Paris )
Ouvreur : Hernandez ( Paris )
Demi de mêlée : Tillous-Bordes ( Castres )
3ième lignes : Diarra ( Montauban ) – Giraud ( Mont de Marsan ) – Faure ( Castres )
2ième lignes : Dhien ( Mont de Marsan ) – Basson ( Bourgoin )
1ère Lignes : Lecouls ( Toulouse ) –  Vigneaux ( Bourgoin ) – Chaubet ( Perpignan )
Chaque semaine je vous propose mon équipe de la semaine avec les 15 joueurs qui m’ont semblé être les plus performants. Vous n’êtes pas d’accord ? Pas de problème ! Envoyez-moi dans votre commentaire le nom du joueur ( un seul nom par commentaire s’il vous plaît ! ) qui vous parait victime d’une injustice de ma part et rendez-vous chaque mercredi, j’intégrerai dans mon équipe les joueurs qui auront reçu le plus de vote de votre part !

Les faits marquants de la 14ième journée de Top14

5 janvier 2009

Information principale :                                                                                                                           Clermont qui passe 4ième et Toulon qui rétrograde à la 13ième place, est ce le reflet de ce que sera le classement lors de la dernière journée avec des demi-finale : Toulouse – Clermont et Paris-Perpignan et relégués en ProD2 les équipes de Mont de Marsan et Toulon ?
 
Fait principal :                                                                                                                                                     Le très mauvais niveau de l’arbitrage ce week-end qui est souvent erratique et manque de continuité dans l’interprétation des règles avec en point d’orgue le dernier match de la soirée où Mr Dubès ( désolé de devoir en citer un ) s’est non seulement conduit comme un chef de gare, appliquant très peu la règle de l’avantage, mais en plus n’a pas été cohérent dans sa manière d’appliquer les règles notamment au niveau des regroupements. A tel point que les joueurs, se sentant volés, ont failli en venir aux mains, histoire de se passer les nerfs…
 
Le joueur de la semaine :                                                                                                                           Marc Giraud ( Mont de Marsan ) qui a fait un formidable début de match contre Montauban et qui s’affirme dans le Top14 ( et je ne dis pas cela parce que j’ai joué avec son père au Stade Toulousain dans les années 80, je le pense vraiment !! )

Quelle année 2009 pour le rugby Français ?

5 janvier 2009

Bonne année 2009 à tous ! Que cette nouvelle année vous apporte toute la joie et le bonheur rugbystique possible avec plein de victoires de votre club préféré et, bien sûr, de l’équipe de France !         Mais, justement, que peut-on attendre de l’année 2009 pour le rugby français ?
2009, année de transition pour le rugby français ?                                                                                     Au regard de ce qui s’est passé depuis le mois de septembre, la question mérite d’être posée. Dans le Top14, des clubs comme Biarritz et Clermont se montrent moins performant que par le passé. En HCup, mis à part Toulouse, aucune équipe n’est qualifiable en position de premier de poule et même, peut-être, en position d’atteindre les quart de finale. Au niveau international, les tests de novembre ont montré une équipe de France pas encore totalement performante face aux meilleures nations de l’hémisphère Sud. Autant de raisons de se dire que le rugby français est dans une phase transitoire, normale finalement alors que l’on se situe juste au milieu, entre 2 Coupes du Monde.
Un Top14 en mutation ?                                                                                                                                En ce début de saison, le Top14 a, peut-être, montré les prémices d’un changement durable fort avec une répartition des forces en présence en train de se re-dessiner. Le parcours de Bayonne jusqu’en décembre, la montée en puissance de Montpellier et Brive, la perte de vitesse de Biarritz et, à un degré moindre jusqu’à maintenant, de Clermont ont offert un début de championnat très ouvert où, à part Toulouse, tous les clubs se tiennent en peu de points et où le suspens reste entier quelles que soient les confrontations. Est-ce là le futur du Top14 ?
Si l’on ajoute à cela l’élection d’un nouveau président, Pierre-Yves Revol, et la volonté de changement affichée par certains, passage à 12 clubs, ajustement du calendrier, 2009 pourrait être l’année où quelques évolutions pourraient être annoncées et, donc devenir, de fait, une année de transition avant que celles-ci ne soient mises en oeuvre.
Une H Cup qui s’éloigne ?                                                                                                                             Mis à part Toulouse, le rugby français semble marquer le pas au niveau européen. A cela, une explication. Les provinces Irlandaises, ou plus exactement le Munster et le Leinster, ainsi que les franchises galloises ont fait de cette compétition leur objectif principal, si ce n’est unique, de la saison. Avec un nombre de match réduit par rapport aux clubs français, ces équipes peuvent aborder la HCup dans les meilleures conditions et mettre à mal nos clubs pour qui l’objectif numéro 1 chaque saison reste obligatoirement le Top14 : maintien, bien sur, et qualification pour la H-Cup suivante  en finissant dans les 6 premiers à assurer car les retombées financières et sportives sont cruciales.
De fait, la question de savoir si un club français peut espérer gagner la H Cup dans les années futures se pose car les conditions ne semblent pas totalement équitables entre nos équipes qui jouent beaucoup et leurs adversaires qui peuvent gérer leur saison en fonction de cette compétition. Si on retrouvait cette année encore une finale Toulouse – Munster j’ai peur que, à nouveau, la fraîcheur physique soit du côté Irlandais et que malgré le fait que Toulouse est sûrement actuellement le meilleur club de rugby du monde, la victoire n’échappe pas à la province Celte.
Une équipe de France qui ne décolle pas du 7ième rang mondial ?                                                             Avec un Tournoi où il faut se déplacer en Irlande et en Angleterre, juste après avoir reçu le Pays de Galles, puis une tournée d’été où il faut rencontrer la Nouvelle Zélande chez elle, 2 fois, ainsi que l’Australie, une fois, le bilan peut-être terrible pour l’équipe de France. Le premier match du Tournoi en Irlande va d’ailleurs avoir une importance considérable. Une victoire et la France finira logiquement au moins dans les 3 premiers. Une défaite et les Bleus pourrait se retrouver à jouer le dernier match en Italie pour ne pas finir 5ième au classement final. Pour la Tournée de juin, même avec son meilleur effectif, l’équipe de France se présentera avec des joueurs usés par une saison entière face à des joueurs dont la fraîcheur physique sera intacte. Peut-être des adversaires en manque de quelques automatismes en ce début de saison dans l’hémisphère Sud mais certainement pas en manque de motivation en ce qui concerne les All Blacks notamment.
Si on ajoute à ce tableau plutôt noir, le fait que la France est l’équipe qui s’entraîne le moins des meilleures nations mondiales, il est difficile d’imaginer que 2009 et même 2011 seront des années fastes pour le rugby français à l’international. Pourtant la qualité des joueurs et notamment de la nouvelle génération d’internationaux n’est certainement pas en cause. La qualité de l’encadrement, malgré un peu de naïveté entrevue lors de leur première année, non plus. C’est au niveau de la structure que le bât blesse.  
Là encore l’arrivée d’un nouveau président à la tête de la Fédération va, peut-être, entraîner des annonces et surtout la mise en place d’une stratégie commune avec la Ligue au service de l’équipe de France. Ce qui ferait, à nouveau, de 2009 une année de transition avant que les choses ne se mettent vraiment en place.
2009, année de transition donc !                                                                                                                    Alors, bien sûr, dans ces lignes je n’évoque pas toutes les choses positives que recèle le rugby français, sa force économique et sportive maintenant affirmée, la qualité du spectacle offert, le potentiel de la nouvelle génération de joueurs français qui est beaucoup plus riche en qualité et quantité qu’on ne le dit,…
Mais en même temps, ce rugby français qui a le potentiel pour dominer le monde reste la seule nation majeure à ne jamais avoir été championne du monde. Et ça, ce n’est de toute façon pas en 2009 que ça va changer…