Archives pour décembre, 2008

Le Racing peut-il le faire ?

8 décembre 2008

Le Racing a perdu a Auch mais prend la première place à Aurillac au bénéfice du goal-avérage. Que faut-il en déduire ?
Le Racing est-il capable d’enchainer de longues séries de victoires ?                                                     Apparemment non. A la différence de Toulon l’an dernier, les Parisiens ne semblent pas intouchables et peuvent perdre régulièrement à l’extérieur. A cela, 2 raisons.
Un volume de jeu insuffisant :  Si, jusqu’à l’an dernier, tout le monde disait que la condition pour exister en ProD2, c’est d’avoir un gros pack et un bon buteur, les faits semblent aujourd’hui dire le contraire. Pour l’emporter, il faut produire du jeu car justement toutes les équipes ont des avants qui tiennent la route et un buteur correct. Et pour gagner souvent, il est nécessaire de produire un volume de jeu important capable de déplacer des adversaires qui sont souvent lourds mais pas énormément mobiles. Or le Racing n’est pas capable de multiplier les temps de jeu et à plutôt tendance à jouer par à-coups, accélérant de manière certes décisive mais incapable de continuité dans ses intentions. Le problème à ce niveau-là, plus que des joueurs, vient d’abord du message délivré par l’encadrement qui dans ses compositions d’équipe marrie la carpe, Andrew Maerthens, avec les lapins Fidjiens, Bobo et Vakaola, pensant qu’en ajoutant le jeu au pied de l’un aux qualités offensives des autres, obligatoirement cela ne peut faire que plus de points à l’arrivée. Malheureusement, cela rend surtout le jeu de l’équipe boiteux avec d’un côté le premier placé en recul pour distiller du jeu au pied à profusion et de l’autre les 2 ailiers qui n’ont plus que les quelques ballons qu’on veut bien leur donner. Or comme, en plus, ces deux derniers ne défendent pas, cela donne autant d’opportunité aux adversaires de ne pas exploser sous la succession des temps de jeu et de rester dans le match.
Des états d’âme plus qu’un état d’esprit : L’an dernier, après l’échec de la finale, les comportements de certains joueurs cadres ont été fustigés et il leur a été reproché de ne pas avoir rempli leur mission. A ce sujet-là, il est difficile de leur repprocher de ne pas avoir apporté un supplément d’âme à l’équipe alors que, avant même de commencer la saison, la désignation du capitaine limitait leur rôle et envoyait un certain message. En effet, prendre comme leader Raiwalui, un avant de devoir, donc de l’ombre, qui ne parlait alors pas français, dénote d’une drôle de conception de la définition du poste. Enfin, c’était la saison dernière. Je suis sûr que maintenant le même Raiwalui est « fluent in French » et puis surtout les moutons noirs ont été remerciés et ne sont plus là. Tout va donc mieux…
Mais alors, pourquoi j’ai vu, ce week-end, lors du match à Auch les mêmes manques dans l’état d’esprit de l’équipe que ceux justement absents lors de la finale contre Mont de Marsan, la saison dernière. Cette incapacité à donner une certaine cohérence dans la manière de jouer d’un bout à l’autre de la partie ? Cette incapacité à se révolter lorsque l’adversaire prend le score ? A jouer sur ses points forts plutôt que d’attendre que l’adversaire vous offre le score ?
Car là est le véritable problème du Racing. Vu les qualités individuelles de chaque joueur, il suffirait que cette équipe se forge une âme pour tout renverser sur son passage.
Le Racing est-il capable de rester premier jusqu’à la fin de saison ?                                                   C’est là la bonne nouvelle en ce qui concerne l’équipe Parisienne. Le championnat de ProD2 est tellement dense cette saison que, véritablement, aucun club ne se dégage de manière suffisante pour enchaîner les victoires et venir contester la première place aux Parisiens. Le Racing, grâce à la force de ses individualités et à la profondeur de son effectif, garde une longueur d’avance sur la plupart de ses adversaires. 
Aurillac compte le même nombre de points, 40, et on peut faire confiance aux Cantalous pour ne rien lâcher jusqu’au bout et ce d’autant plus qu’ils recevront Paris début février. Mais comme le montre ce week-end, avec la défaite chez l’avant dernier, Béziers, ce club devrait laisser en route des points décisifs.
Albi, La Rochelle, Lyon, Grenoble et pourquoi pas Pau démontrent de belles qualités et sont des adversaires coriaces qui généralement ne lâchent rien à domicile et sont capables de quelques exploits à l’extérieur mais ce ne devrait pas être suffisant pour espérer finir à la première place.
Agen, finalement, avec le retour de Caucaunibuca, pourrait devenir l’adversaire le plus coriace pour les Parisiens mais il faudrait pour cela que les Agenais soient capables d’enchaîner une série de victoires qui leur donnerait la capacité de monter le niveau de leur jeu. 
En tout cas, personne ne se plaindra de l’évolution du niveau de jeu dans ce championnat de ProD2 qui, sur certains matchs, nous offre des confrontations dignes de match du Top14 il y a 4 ou 5 ans.

Présentation du match de H Cup Stade Français – Harlequins

5 décembre 2008

Pour savoir ce que je pense du match Stade français – Harlequins du 6 décembre, cliquez sur la vidéo.
[vimeo]http://www.vimeo.com/2435539[/vimeo]

Coupe du Monde 2008, un tirage idéal pour la France…

1 décembre 2008

Un tirage idéal… compte tenu du classement de la France, 7ième nation mondiale au classement IRB, et à l’obligation de se retrouver avec une tête de série dans la phase de qualification.
Le tirage des poules de la Coupe du Monde 2011 :
Poule A: Nouvelle-Zélande, France, Tonga, Amériques 1, Asie 1 
Poule B: Argentine, Angleterre, Ecosse, Europe 1, Vainqueur des qualifications 
Poule C: Australie, Irlande, Italie, Europe 2, Amériques 2 
Poule D: Afrique du Sud, Pays de Galles, Fidji, Océanie 1, Afrique 1 
En se retrouvant dans la poule de la Nouvelle Zélande, la France évite obligatoirement cette même Nouvelle Zélande en quart de finale et même en demi-finale. Eh oui ! C’est cela la bonne nouvelle ! Quoi qu’elle fasse en poule de qualification, l’équipe de France évite les All Blacks en quart de finale. Alors, vous allez me dire, on les a déjà battu à ce niveau de la compétition, à Cardiff en 2007. Oui mais c’était en terrain neutre, pas à Auckland ou Wellington où ça serait drôlement plus dur de les vaincre.
Finir second de poule est sans conséquence :                                                                               Contrairement à la Coupe du Monde 2007, la France peut terminer seconde de poule sans que les conséquences soient dramatiques. En effet, en perdant le match d’ouverture l’an dernier, les français avaient perdu beaucoup plus qu’une simple rencontre : à la place de l’Ecosse en quart, les tricolores retrouvaient les All Blacks sur leur route et, au lieu de jouer au Stade de France, se déplaçaient à Cardiff. Cette fois les adversaires de la France et la Nouvelle Zélande en quart seront, quel que soit le classement de ces deux équipes, soit l’Angleterre soit l’Argentine. Et bien difficile de connaitre laquelle des deux terminera première de la poule B et surtout laquelle présente le meilleur profil pour la France. Donc perdre contre les All Blacks en début de compétition est sans conséquence à condition, bien sur, de ne pas prendre une raclée, doublée d’une leçon de rugby !
Finir second de poule, c’est dans la poche :                                                                                                 La deuxième bonne nouvelle de ce tirage est la composition du reste de la poule. Avec un peu d’imagination, on peut penser que les équipes complétant la poule A seront le Tonga ( c’est certain ), le Canada ( s’il finit 1er de la zone Amériques ) et le Japon ( s’il finit 1er de la zone Asie ). Soit 3 faire-valoir qui ne devraient pas trop ennuyer l’équipe de France dans sa marche vers les quarts de finale. 
Quel parcours en phase finales ?                                                                                                                  Un quart de finale contre l’Angleterre ou l’Argentine est, bien sur, un match difficile à négocier et la France devra hausser le niveau de son jeu pour ne pas égaler le plus mauvais résultat en Coupe du Monde de 1991 ( défaite justement contre l’Angleterre ). Mais c’est un défi déjà plus abordable que celui qui s’est présenté devant l’équipe de France à la Coupe du Monde 2007, alors…
Ensuite, logiquement l’Australie se dressera devant les tricolores et, pour finir, pourquoi pas, la Nouvelle Zélande en finale à l’Eden Park d’Auckland. C’est exactement le même parcours que celui réalisé en 1987, lors de la 1ère édition de l’épreuve, par l’équipe des Blanco, Berbizier, Lagisquet et autres Rodriguez et Lorieux. Comme quoi le tirage d’aujourd’hui ouvre de belles perspectives pour l’équipe de France. Il suffit d’y croire et de beaucoup travailler !
Tableau des phases finales: 
Quarts de finale: 
Quart de finale 1: 1er poule B – 2e poule A ( France ? )
Quart de finale 2: 1er poule C – 2e poule D 
Quart de finale 3: 1er poule A – 2e poule B 
Quart de finale 4: 1er poule D – 2e poule C 
Demi-Finales: 
Demi-finale 1: vainqueur QF1 ( France ? )- vainqueur QF2 
Demi-finale 2: vainqueur QF3 – vainqueur QF4

Toulouse et le reste du monde ?

1 décembre 2008

Le Stade Toulousain a battu, ce week-end, le deuxième Bayonne par 32 à 11. Est ce à dire que les Toulousains sont seuls au monde sur le toit du championnat ?
Toulouse, encore plus fort cette saison.                                                                                                          Même si cela ne se voit pas spécialement au classement, 3 points d’avance seulement sur le deuxième Paris, les Haut et Garonnais ont cette saison plus que jamais les moyens de dominer le Top14. A cela deux arguments frappants,  la victoire contre son véritable dauphin, Paris, au Stade de France 26 à 13 et la qualité de la profondeur de l’effectif stadiste. Pendant les matchs internationaux, le Top14 continue et Toulouse gagne toujours. Il faut dire que lorsque l’on regarde la composition d’une équipe sensée être affaiblie et que l’on voit Servat, Pelous, Sowerby, Nyanga, Bouilhou, Kelleher, Michalak, Fritz et Poitrenaud alignés en même temps, on se dit que le temps où les rouge et noir souffraient le martyr lors de ces week-ends doublon est  bel et bien terminé.
Un recrutement de très haut niveau, même pour les doublures.                                                                   A la différence d’il y a quelques saisons, le recrutement Toulousain est actuellement extrêmement performant. Skrela, Michalak et Lecouls cette saison après Kelleher, Donguy, Albacete, Ahotaieloa et Dusautoir sans oublier même Du Toit et Swanepoel, Toulouse recrute au très haut niveau même pour des doublures ou des troisièmes rôles ! La cellule de recrutement Toulousaine est performante dans le sens où l’effectif du club dans son ensemble ne possède aucune faiblesse à aucun poste et met même en concurrence des internationaux comme Michalak, Skréla et Ellisalde au poste d’ouvreur ! C’est bien sur l’avantage d’avoir le premier budget de France et de pouvoir promettre des titres aux joueurs contactés mais c’est aussi la preuve d’un travail bien orchestré entre le sportif, Guy Novès comme maître d’orchestre, et l’administratif, Jean-Michel Rancoule, pour l’exécution. Si l’on rajoute à cela tous les jeunes espoirs récupérés dans les clubs de la région, Toulouse est certainement aujourd’hui le seul club européen a posséder une telle qualité dans l’effectif.
Des adversaires qui marquent le pas.                                                                                                   Toulouse profite aussi cette saison des ratés que connaissent des grosses écuries comme Clermont et Biarritz alors que des clubs qui montent en puissance comme Bayonne, Brive, Montauban ou Montpellier ne sont pas encore suffisamment performants pour venir inquiéter le champion en titre. Nous sommes d’ailleurs peut-être en train de vivre une saison de transition entre « l’ancien » Top14, royaume des 4 gros avec Toulouse, Paris, Biarritz et Clermont et « le nouveau » Top14 où de nouvelles forces comme Bayonne, Brive,… vont prendre le pouvoir. En tout cas, mis à part Paris et Perpignan, Toulouse ne semble pas avoir de rival capable de tenir la distance d’une saison entière de championnat.
Paris et Perpignan, seuls prétendants possibles ?                                                                                    Pour le moment, les 2 seules équipes capables de rivaliser sur la longueur sont le club de la capitale et celui de Catalogne. Mais est ce que ceux-ci tiendront le choc jusqu’au bout ? Difficile à dire mais certains indices me laissent songeur.
Paris est, de fait, entré dans une saison de transition marquée par l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Mc Kenzie, qui n’a pas, en plus, la chance d’avoir une cellule de recrutement aussi bien organisée que celle de son rival. Le fait que l’arrivée de nouveau joueur soit exclusivement gérée par le président du club, sans aucune visibilité de la part de l’entraîneur, a des conséquences notamment sur les déséquilibres qualitatifs d’un poste à l’autre et l’absence d’un trop grand nombre de joueurs lors des matchs internationaux dû à la présence trop importante des Italiens et Argentins, 8 en tout, qu’il faut rajouter bien sûr aux sélectionnés français.
Côté Perpignan, là, par contre, le recrutement est, cette année, de qualité avec la venue notamment de Mermoz et Burger qui amènent à la ligne de trois quarts Perpignanaise un souffle nouveau offensif, et apporte enfin à cette équipe la 3ième dimension, celle qui dépasse le simple cadre physique du combat d’avant. Les Catalans ont les moyens cette année de passer un cap et de s’installer comme le dauphin des Toulousains. A Jacques Brunel ensuite de faire progresser cette équipe au niveau psychologique pour qu’elle soit enfin capable de sortir de son rôle de faire-valoir et d’outsider au moment des phases finales. Les Catalans ont encore beaucoup de chemin à parcourir mais ils me semblent sur la bonne voix, capables de faire moins de faute quand le niveau de jeu s’élève, et surtout capables de proposer un jeu où les forces ne sont plus exclusivement concentrées devant. Souhaitons leur que l’arrivée de Dan Carter soit aussi un moyen de tirer l’équipe vers le haut et que la saison 2008-2009 soit celle où enfin ils ne perdent pas leurs moyens au moment d’attaquer les phases finales !
Là alors Toulouse verrait sa suprématie contestée, obligé d’aller chercher dans ses derniers retranchements pour garder le bouclier et réaliser, à l’image de Paris et Biarritz ces dernières années, un doublé qui semble, pour le moment, lui tendre les bras.