Le Racing a perdu a Auch mais prend la première place à Aurillac au bénéfice du goal-avérage. Que faut-il en déduire ?
Le Racing est-il capable d’enchainer de longues séries de victoires ? Apparemment non. A la différence de Toulon l’an dernier, les Parisiens ne semblent pas intouchables et peuvent perdre régulièrement à l’extérieur. A cela, 2 raisons.
Un volume de jeu insuffisant : Si, jusqu’à l’an dernier, tout le monde disait que la condition pour exister en ProD2, c’est d’avoir un gros pack et un bon buteur, les faits semblent aujourd’hui dire le contraire. Pour l’emporter, il faut produire du jeu car justement toutes les équipes ont des avants qui tiennent la route et un buteur correct. Et pour gagner souvent, il est nécessaire de produire un volume de jeu important capable de déplacer des adversaires qui sont souvent lourds mais pas énormément mobiles. Or le Racing n’est pas capable de multiplier les temps de jeu et à plutôt tendance à jouer par à-coups, accélérant de manière certes décisive mais incapable de continuité dans ses intentions. Le problème à ce niveau-là, plus que des joueurs, vient d’abord du message délivré par l’encadrement qui dans ses compositions d’équipe marrie la carpe, Andrew Maerthens, avec les lapins Fidjiens, Bobo et Vakaola, pensant qu’en ajoutant le jeu au pied de l’un aux qualités offensives des autres, obligatoirement cela ne peut faire que plus de points à l’arrivée. Malheureusement, cela rend surtout le jeu de l’équipe boiteux avec d’un côté le premier placé en recul pour distiller du jeu au pied à profusion et de l’autre les 2 ailiers qui n’ont plus que les quelques ballons qu’on veut bien leur donner. Or comme, en plus, ces deux derniers ne défendent pas, cela donne autant d’opportunité aux adversaires de ne pas exploser sous la succession des temps de jeu et de rester dans le match.
Des états d’âme plus qu’un état d’esprit : L’an dernier, après l’échec de la finale, les comportements de certains joueurs cadres ont été fustigés et il leur a été reproché de ne pas avoir rempli leur mission. A ce sujet-là, il est difficile de leur repprocher de ne pas avoir apporté un supplément d’âme à l’équipe alors que, avant même de commencer la saison, la désignation du capitaine limitait leur rôle et envoyait un certain message. En effet, prendre comme leader Raiwalui, un avant de devoir, donc de l’ombre, qui ne parlait alors pas français, dénote d’une drôle de conception de la définition du poste. Enfin, c’était la saison dernière. Je suis sûr que maintenant le même Raiwalui est « fluent in French » et puis surtout les moutons noirs ont été remerciés et ne sont plus là. Tout va donc mieux…
Mais alors, pourquoi j’ai vu, ce week-end, lors du match à Auch les mêmes manques dans l’état d’esprit de l’équipe que ceux justement absents lors de la finale contre Mont de Marsan, la saison dernière. Cette incapacité à donner une certaine cohérence dans la manière de jouer d’un bout à l’autre de la partie ? Cette incapacité à se révolter lorsque l’adversaire prend le score ? A jouer sur ses points forts plutôt que d’attendre que l’adversaire vous offre le score ?
Car là est le véritable problème du Racing. Vu les qualités individuelles de chaque joueur, il suffirait que cette équipe se forge une âme pour tout renverser sur son passage.
Le Racing est-il capable de rester premier jusqu’à la fin de saison ? C’est là la bonne nouvelle en ce qui concerne l’équipe Parisienne. Le championnat de ProD2 est tellement dense cette saison que, véritablement, aucun club ne se dégage de manière suffisante pour enchaîner les victoires et venir contester la première place aux Parisiens. Le Racing, grâce à la force de ses individualités et à la profondeur de son effectif, garde une longueur d’avance sur la plupart de ses adversaires.
Aurillac compte le même nombre de points, 40, et on peut faire confiance aux Cantalous pour ne rien lâcher jusqu’au bout et ce d’autant plus qu’ils recevront Paris début février. Mais comme le montre ce week-end, avec la défaite chez l’avant dernier, Béziers, ce club devrait laisser en route des points décisifs.
Albi, La Rochelle, Lyon, Grenoble et pourquoi pas Pau démontrent de belles qualités et sont des adversaires coriaces qui généralement ne lâchent rien à domicile et sont capables de quelques exploits à l’extérieur mais ce ne devrait pas être suffisant pour espérer finir à la première place.
Agen, finalement, avec le retour de Caucaunibuca, pourrait devenir l’adversaire le plus coriace pour les Parisiens mais il faudrait pour cela que les Agenais soient capables d’enchaîner une série de victoires qui leur donnerait la capacité de monter le niveau de leur jeu.
En tout cas, personne ne se plaindra de l’évolution du niveau de jeu dans ce championnat de ProD2 qui, sur certains matchs, nous offre des confrontations dignes de match du Top14 il y a 4 ou 5 ans.