Chronique du 21 décembre 2008.
Voilà un titre qui est sévère mais malheureusement mérité pour une équipe Bayonnaise qui a, une nouvelle fois, pris une leçon de rugby par un adversaire, Paris, qui, pourtant, avant ce match, ne maîtrisait pas si bien que ça son rugby. Explications.
Des Bayonnais embourgeoisés. Après le match contre Toulouse, les Basques avaient fait leur mea culpa et, notamment, Richard Dourthe avait dit que l’on ne les y reprendrait pas, que les fautes de jeunesse constatées contre Toulouse seraient corrigées. Le problème, c’est que le match de ce week-end est bien pire et que les Bayonnais méritent, cette fois, bien des reproches. Face à Toulouse, aucune équipe n’est à l’abri de prendre une leçon de rugby et, après ce match-là, les Basques pouvaient se rassurer par la prestation de haut niveau offerte par leur adversaire. Par contre, contre Paris, ils peuvent surtout se dire qu’ils ont offert le match sur un plateau à l’équipe de Pierre Rabadan. Dès le coup d’envoi, ils ont regardé les Parisiens dérouler leur rugby et à aucun moment, pendant les 50 premières minutes, les Basques ne se sont posés comme possible vainqueur de la rencontre.
L’impression donnée actuellement par les joueurs bleu et blanc est que ceux-ci se satisfont de faire parti du haut du tableau et ne cherchent pas, plus que ça, à titiller les meilleures équipes. Ils sont revenus défaits de Perpignan, Toulouse et Paris sans pouvoir tirer de véritables enseignements de ces rencontres autres que le match était perdu avant même d’être joué et que les joueurs étaient incapables de se transcender face à l’enjeu. C’est cela qui est le plus décevant. Il y a maintenant à Bayonne de la qualité et des atouts certains, c’est dommage que l’état d’esprit et la volonté de gagner soient si loin de celui des équipes précédentes qui, elles, jouaient pour la survie avec une qualité de rugby moindre.
Des Bayonnais naïfs. Pour remporter des matchs de haut niveau, il faut bien sûr être capable de marquer des points lorsque les occasions se présentent mais aussi rendre la vie très difficile à son adversaire pour que celui-ci ne puisse se procurer des occasions qu’après de longs enchainements et le moins souvent possible. Bayonne est loin du compte à ce niveau-là et l’essai de Rabadan est, pour moi, révélateur de l’incapacité de cette équipe à venir contester pour le moment la suprématie de Toulouse, Paris, Perpignan et même Clermont. L’essai du troisième ligne Parisien est consécutif a une touche jouée près de la ligne d’essai basque et, où, une simple passe à l’intérieur du sauteur pour son partenaire permet à ce dernier d’aller franchir la ligne malgré quelques défenseurs qui, finalement, passaient par là. Il n’est pas possible, à ce niveau, qu’une combinaison aussi basique que celle-là se concrétise de manière aussi directe par un essai. Si c’est le cas, ce n’est en tout cas pas la preuve que la combinaison est brillante mais surtout que l’opposition est faible !
Une situation rédhibitoire ? Les Bayonnais terminent la phase aller à la 4ième place et, pour une fois, je suis d’accord avec les joueurs, cela semble presque inespéré. En effet, si les Basques peuvent se féliciter de leur parcours, ils ont aussi indéniablement profité de la moins bonne santé de Clermont et de la très mauvaise de Biarritz pour se hisser si haut dans le classement. Maintenant qu’ils ont franchi une étape importante dans la vie du club, ne plus avoir à regarder derrière avec la peur de la zone de relégation, les joueurs Basques doivent chercher à continuer à grandir. L’objectif de la saison reste, de toute façon, de finir dans les 6 premiers pour se qualifier pour la première fois en HCup. Une accession en demi-finale est toujours possible d’autant plus que le stade Jean Dauger verra le passage de Perpignan, Toulouse et Paris pour les matchs retour. Le problème, c’est qu’en se laissant battre aussi facilement par ces équipes à l’aller, celles-ci vont se déplacer en terre Basque avec la certitude de pouvoir réussir une deuxième victoire face à un adversaire qui s’est déjà montré faible psychologiquement…