En rencontrant Paris ce vendredi, Montpellier ne jouait pas qu’un simple match de rugby. Après avoir perdu à domicile contre Perpignan et Bourgoin, les Héraultais n’avaient plus le choix s’ils voulaient conserver leur progression. Un nouvel échec aurait été un vrai handicap non seulement pour le reste de la saison mais aussi pour les futures. Explications.
L’obligation de toujours progresser : Le club de Montpellier s’est construit en un dizaine d’années partant du groupe B ( ancêtre de la ProD2 ) et d’un stade de seconde zone pour arriver à faire partie des 10 meilleurs clubs français et à jouer dans un magnifique stade de 15000 places dédié au rugby. Depuis la remontée en Top14, chaque saison a marqué une progression. C’était infime au début où seul le maintien comptait mais maintenant les objectifs sont affichés : finir dans les 6 premiers cette saison pour se qualifier pour la HCup et viser ensuite les 4 premières places.
Pour finir dans les 6 premiers, il ne faut pas obligatoirement rester invaincu à domicile mais le nombre de défaites acceptables ne doit pas dépasser 3 ou 4 selon les saisons. Or, après le loupé de Bourgoin, les Montpelliérains devaient à tout prix gagner ce match pour maintenir leur vitesse de croisière qui est pour le moment correcte grâce aux victoires à l’extérieur à Dax, Mont de Marsan et Castres. De plus, battre un des favori au titre, même en cette période troublée par les matchs internationaux, est un résultat important pour que l’équipe se mette dans sa nouvelle peau de possible qualifié européen.
Un message fort aux joueurs cadres : Si pour le court terme la victoire était indispensable, elle a aussi des incidences sur le long terme. L’équipe de Montpellier a non seulement le mérite de s’être construite toute seule mais aussi d’avoir su s’appuyer sur la formation en sortant une génération de joueurs exceptionnelle avec, en figure de prou, les 4 Fantastiques : Trinh Duc, Ouedraogo, Picamoles et Thomas. Or, ces joueurs sont de plus en plus sollicités. Louis Picamoles, par exemple, est déjà annoncé comme la priorité de Toulouse pour la saison prochaine. Il est indispensable pour Montpellier, si le club veut les conserver, de continuer la progression et de se qualifier en HCup la saison prochaine. Sans un tel résultat, le risque est grand que ces joueurs veulent continuer à progresser de leur côté et optent pour des clubs qui leur garantissent des matchs de Coupe d’Europe et des demi-finales de championnat. C’est naturel. La victoire face à Paris a ainsi été doublement rassurante. Elle permet de continuer la marche en avant en maintenant Montpellier à la 5ième place du classement et elle montre que le club Héraultais n’est plus très loin des meilleurs clubs français. Elle le montre par le résultat mais aussi par un aspect psychologique qui n’est pas à dédaigner. En gagnant ce week-end sans ses cadres : Trinh Duc est blessé et Picamoles et Ouedraogo en équipe de France, l’équipe a envoyé un signe fort à ces derniers : elle est capable de gagner sans eux ! C’est important car dans l’esprit de ces joueurs cela veut dire qu’il y a dans leur club une force d’ensemble qui rend l’équipe performante et qui ne dépend pas uniquement de leur performance à eux. Ce message est très fort car il rassure à la fois sur la capacité du club à s’installer durablement dans la partie très haute du classement et il indique aux Picamoles, Ouedraogo et autres qu’ils ne seront pas tout le temps sur la brêche pour assurer les résultats de l’équipe, qu’ils pourront aussi se reposer sur leurs coéquipiers et se consacrer à leur carrière internationale. C’est important car c’est aussi une des raison de jouer dans un grand club comme Toulouse.
Pourquoi pas gagner à Bayonne ? Alors, bien sûr, Montpellier, qui vient de perdre le dernier des 4 Fantastiques puisque Thomas est maintenant appelé en équipe de France, pourrait envoyer un nouveau message dès le week-end prochain en allant s’imposer à Bayonne, concurrent direct pour faire parti du Top6. C’est peut-être en demander beaucoup à une équipe malgré tout affaiblie par l’absence de ses meilleurs joueurs alors que son adversaire n’a, lui, aucun sélectionné. Un point de bonus défensif serait déjà un bon message envoyé pour rassurer tout le monde sur le futur proche et même le long terme d’un club qui à tous les égards mérite le respect.